Makinwa estime que l’Afrique du Sud a manqué d’un vrai tueur devant
L’Afrique du Sud a peut-être signé son parcours le plus marquant en Coupe du monde, mais pour Henry Makinwa, il lui a manqué l’essentiel au moment de franchir un cap: un avant-centre de très haut niveau. L’ancien attaquant nigérian estime que la sélection dirigée par Hugo Broos aurait pu poursuivre son aventure au Mondial 2026 avec un numéro 9 du profil de Benni McCarthy, référence absolue du poste dans l’histoire des Bafana Bafana.
Le constat n’efface pas la performance d’ensemble. Il la nuance. Car l’Afrique du Sud a réussi ce qu’aucune de ses équipes n’avait accompli auparavant: sortir de la phase de groupes et atteindre la phase à élimination directe, un jalon important pour le football sud-africain. Mais dans les matches qui basculent sur un détail, l’efficacité pèse souvent plus lourd que tout le reste.
Un parcours historique des Bafana Bafana malgré une sortie frustrante
Le tournoi sud-africain n’avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices. Battus d’entrée par le Mexique, les joueurs de Hugo Broos ont d’abord laissé l’impression d’une équipe prudente, encore en train de prendre la mesure de l’événement. Ce premier revers a posé le décor d’une compétition délicate, où chaque réaction devenait immédiatement décisive.
La réponse a ensuite été plus consistante. L’Afrique du Sud a arraché un nul accroché face à la Tchéquie, avant de signer une victoire marquante contre la Corée du Sud. Ce succès a permis aux Bafana Bafana de valider leur qualification pour les matches à élimination directe et, surtout, d’installer un sentiment nouveau autour de la sélection: celui d’une équipe capable de grandir au fil du tournoi.
La suite s’est arrêtée sur une défaite étroite contre le Canada, 1-0, en seizièmes de finale. Une élimination courte, douloureuse, presque cruelle tant elle a laissé l’idée qu’un peu plus de justesse dans les zones décisives aurait pu suffire. C’est précisément sur ce point que Makinwa place son analyse.
Pour Henry Makinwa, l’Afrique du Sud a progressé tactiquement
L’ancien international nigérian ne s’est pas contenté d’un jugement abrupt. Il a reconnu une montée en puissance claire dans le jeu sud-africain. À ses yeux, l’équipe s’est d’abord montrée timide lors de son entrée en lice, avant de corriger plusieurs choses au fil de la compétition.
Il souligne notamment les ajustements tactiques opérés par Hugo Broos. Sur les deux derniers matches de la phase de groupes, puis dans l’ensemble de la dynamique installée, l’Afrique du Sud a affiché davantage de cohérence collective. Le pressing haut a été plus assumé, les séquences sans ballon plus agressives, et l’attitude dans les duels nettement plus convaincante.
Ce regard est important, car il ne réduit pas la campagne sud-africaine à un simple manque offensif. Au contraire, Makinwa reconnaît une base de travail solide. L’équipe a su défendre avec plus d’intensité, mieux occuper les espaces et montrer une vraie faim, avec et sans ballon. Dans une Coupe du monde, ce type de progression en dit souvent long sur la qualité de l’encadrement.
Benni McCarthy, le profil qui manquait aux Bafana Bafana
Le cœur de son analyse reste toutefois limpide: l’Afrique du Sud n’avait pas ce finisseur capable de transformer une demi-occasion en but décisif. Makinwa pense qu’un attaquant dans le registre de Benni McCarthy aurait pu changer le destin du huitième de finale. L’idée n’est pas simplement nostalgique. Elle renvoie à un profil très précis: un numéro 9 clinique, froid, capable de conclure quand le match se ferme.
Benni McCarthy incarne encore, dans l’imaginaire sud-africain, cette rare capacité à faire basculer les grands rendez-vous. Makinwa ne dit pas que tout le reste était parfait. Il affirme plutôt que la marge séparant une belle aventure d’un exploit encore plus grand se situait dans la surface adverse.
Dans les matches couperets, cette absence se voit immédiatement. Une équipe peut être disciplinée, courageuse et bien organisée. Si elle manque ensuite de tranchant dans les derniers mètres, elle reste exposée à la moindre sanction. La défaite contre le Canada, sur le plus petit des écarts, nourrit précisément cette lecture.
Ce que révèle ce Mondial 2026 pour Hugo Broos et ses joueurs
Au-delà du regret, ce Mondial 2026 laisse surtout une trace positive. Hugo Broos a conduit son groupe vers un cap inédit, ce qui n’a rien d’anodin pour une sélection longtemps en quête de continuité au plus haut niveau. Ce parcours valide une progression réelle et donne du poids au travail entrepris depuis plusieurs mois.
Il montre aussi que l’Afrique du Sud peut exister sur la scène mondiale sans renier ses principes. L’équipe n’a pas traversé la compétition par hasard. Elle a réagi après un début difficile, elle a trouvé des réponses collectives, puis elle a tenu son rang jusqu’à une élimination serrée. Dans ce contexte, les mots de Makinwa ressemblent moins à une critique qu’à un diagnostic.
La prochaine étape paraît assez claire. Si les Bafana Bafana veulent transformer une campagne historique en candidature plus ambitieuse, ils devront conserver cette rigueur tactique tout en gagnant en poids offensif. C’est souvent là que se joue la différence entre une sélection courageuse et une sélection capable d’aller plus loin.
Le bilan reste donc double. D’un côté, une immense fierté nationale et une avancée concrète pour le football sud-africain. De l’autre, une petite frustration, presque inévitable, née de la sensation que l’histoire aurait pu s’écrire encore un peu plus loin. Pour suivre l’actualité des compétitions mondiales, référence reste la FIFA.