Le Sénégal perd tout en quatre minutes, la Belgique survit par le scandale


À deux buts d’avance à quatre minutes du terme d’un match de Coupe du monde, le Sénégal semblait tenir sa qualification pour les huitièmes de finale. Ce qu’il s’est passé ensuite restera l’une des remontadas les plus invraisemblables – et les plus controversées – de l’histoire du tournoi. Une égalisation tardive, puis un penalty accordé sur intervention de la VAR à la 125e minute : les Lions de la Teranga sont éliminés, une fois de plus, dans la douleur.

Une remontée sans précédent dans l’histoire de la Coupe du monde

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aucune équipe n’avait jamais, dans l’histoire de la Coupe du monde, effacé un retard de deux buts aussi tard en temps réglementaire pour éviter la défaite. Romelu Lukaku, entré en jeu alors que sa saison en club avait à peine existé – 69 minutes disputées en tout -, a dévié le centre de Thomas Meunier à la 86e minute pour allumer la mèche. Trois minutes plus tard, Youri Tielemans surgissait de la tête sur un centre de Leandro Trossard pour signer l’égalisation à 2-2.

La Belgique devenait ainsi la première équipe à réussir cette remontée depuis qu’elle-même avait renversé le Japon en 2018, à Rostov, dans des circonstances quasi identiques. Avant ce précédent belge, seule l’Allemagne avait accompli pareil exploit, contre la Hongrie en 1954 puis contre l’Angleterre en 1970. Ces parallèles historiques rendent le retournement de situation encore plus éloquent : la résilience belge n’est pas un accident, c’est presque une signature.

Mais c’est le dénouement en prolongation qui a fait basculer le match dans le registre de la polémique. À la 125e minute – soit le but le plus tardif jamais inscrit en Coupe du monde -, Tielemans transformait un penalty obtenu après une longue consultation de la VAR pour une faute de Lamine Camara. Rudi Garcia pouvait savourer. Pape Thiaw, lui, encaissait un deuxième coup de poignard en quelques mois. Pour ceux qui souhaitent anticiper les prochaines rencontres, consultez notre pronostic Allemagne Curaçao.

Le penalty, point de rupture d’un débat qui ne se résoudra pas

La décision arbitrale a immédiatement cristallisé les opinions. Sur les plateaux de télévision, les anciens internationaux se sont montrés sceptiques. Gary Neville a déclaré sur ITV qu’il ne croyait pas que le geste de Camara méritait un penalty. Roy Keane, tout en qualifiant la sanction de sévère, a pointé l’hésitation visible du référé devant l’écran de la VAR – un signe, selon lui, d’un manque de conviction dans la prise de décision.

Ce débat autour de la VAR n’est pas nouveau, mais il prend une résonance particulière pour le Sénégal. En janvier dernier, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat, les Lions avaient remporté le titre face au Maroc grâce à un but décisif – avant d’en être dépouillés après une décision disciplinaire liée à l’attitude du staff en fin de match, elle-même consécutive à un penalty accordé sur intervention de la VAR. La technologie vidéo, censée apporter la justice sur le terrain, est devenue pour ce groupe l’instrument répété d’une cruelle infortune. La similitude des scénarios confère à cette élimination une dimension presque tragique.

Une génération dorée belge qui refuse de disparaître

L’autre lecture de cette soirée est celle d’une génération qui s’accroche. De l’équipe belge finaliste troisième en 2018, il ne reste plus que cinq joueurs : Thibaut Courtois, Kevin De Bruyne, Thomas Meunier, Romelu Lukaku et Axel Witsel, ce dernier âgé de 37 ans. Pourtant, c’est précisément ce noyau vieillissant qui a décidé de la qualification.

Meunier a délivré le centre du but de Lukaku. Courtois est resté titulaire dans les buts. De Bruyne, sorti à la 58e minute sous les traits de la frustration, avait apporté sa créativité habituelle tant qu’il était sur le terrain. Quant à Lukaku, son rôle n’a pas été que footballistique : pendant la pause hydratation en seconde mi-temps, alors que Tielemans et Trossard en venaient aux mains verbalement, c’est lui qui a servi de médiateur entre ses coéquipiers. Un capitaine de vestiaire autant qu’un finisseur d’exception. Pour parier sur les prochains matchs, découvrez notre sélection de bookmakers fiables et adaptés au marché africain.

La Belgique affrontera désormais les États-Unis, co-organisateurs du tournoi, en huitièmes de finale. Pour le Sénégal, il faudra reconstruire, encore, après une année marquée par deux désillusions majeures nées dans des circonstances similaires. “Le football est juste fou”, résumait l’ancien attaquant anglais Dion Dublin sur la BBC. Dans le cas des Lions de la Teranga, cette folie a un visage presque obstinément répétitif.

Le Sénégal, portrait d’une nation footballistique qui mérite mieux

Au-delà du seul résultat, cette élimination interroge sur la trajectoire d’une sélection qui a largement dominé son adversaire pendant plus d’une heure. Le Sénégal a contrôlé le jeu, inscrit deux buts, repoussé les offensives belges – et perdu. Pape Thiaw a été honnête dans ses mots d’après-match : son équipe n’a pas su gérer un avantage acquis de haute lutte. La solidité défensive dans les ultimes minutes d’un grand match, la capacité à maintenir l’intensité physique et mentale jusqu’au coup de sifflet final, reste la frontière qui sépare les aspirants des qualifiés.

Cette frontière, le Sénégal la touche depuis des années sans la franchir durablement. Le talent est là. La combativité aussi. Mais la cruauté du football de haut niveau ne pardonne pas les quatre minutes de relâchement, même après soixante-dix de domination. “Nous devons accepter ça. C’est le football”, a conclu Thiaw. Une phrase courte pour une blessure qui mettra longtemps à cicatriser. Pour plus d’analyses sur les grandes rencontres africaines, lisez aussi : Mondial 2026: l’Afrique brillante, mais cruellement punie en huitièmes.

auteur

Clémentine Adjoua

Clémentine Adjoua — Rédactrice football & comparatifs bookmakers Clémentine Adjoua a grandi à Yamoussoukro. Après des études en communication à l'INPHB, elle entre dans la presse sportive digitale en 2020 en couvrant le football féminin ivoirien et les compétitions jeunes…

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