Riyad Mahrez tire sa révérence avec l’Algérie après l’élimination au Mondial
Riyad Mahrez a mis fin à sa carrière internationale au soir de l’élimination de l’Algérie face à la Suisse, battue 2-0 en seizièmes de finale de la Coupe du monde. À 35 ans, le capitaine des Fennecs a confirmé que cette rencontre disputée à Vancouver serait sa dernière sous le maillot national, refermant ainsi une aventure de douze années avec la sélection.
La sortie est brutale, presque sèche, tant le scénario laissait entrevoir mieux pour l’Algérie. Mahrez l’a lui-même reconnu après la rencontre: l’objectif était de passer, et ce match semblait à la portée des siens. Mais deux erreurs ont coûté cher, trop cher à ce niveau, et le meneur algérien a choisi d’annoncer dans la foulée une décision lourde de sens.
Cette fois, il n’y aura pas de retour en arrière. Interrogé sur une éventuelle dernière apparition en Coupe du monde, Mahrez a élargi sa réponse à l’ensemble de son parcours international. Sa phrase est claire: c’était son dernier match, y compris avec l’équipe nationale.
Une retraite internationale qui referme une page majeure des Fennecs
La retraite internationale de Riyad Mahrez marque la fin d’un cycle pour l’Algérie. Parce qu’au-delà du brassard, l’ailier a incarné pendant plus d’une décennie le visage technique, médiatique et émotionnel de cette sélection. Avec 120 sélections et 40 buts, il quitte les Fennecs comme l’un des joueurs les plus importants de leur histoire.
Ses chiffres racontent déjà beaucoup. Mahrez termine comme le deuxième joueur le plus capé de l’histoire algérienne, derrière Aïssa Mandi. Il est aussi le deuxième meilleur buteur de la sélection, seulement devancé par Islam Slimani. Dans un football algérien riche en figures marquantes, peu de joueurs peuvent présenter une telle régularité sur la durée.
Né en France, Mahrez avait choisi de représenter l’Algérie en 2013. Il avait rapidement trouvé sa place dans le groupe, jusqu’à s’imposer comme un cadre naturel. Dès la Coupe du monde 2014, il faisait déjà partie d’une équipe capable d’atteindre les huitièmes de finale, un repère fort dans le récit récent des Verts.
Au fil des années, son statut a dépassé le simple cadre de la sélection. Son parcours en club, notamment à Leicester puis à Manchester City, a renforcé son aura. En parallèle, il est resté l’une des grandes vitrines du football africain, au point de devenir une référence durable pour toute une génération.
Riyad Mahrez et l’Algérie: le sommet de la CAN 2019
S’il fallait retenir une image de Riyad Mahrez avec l’Algérie, elle viendrait sans doute de la Coupe d’Afrique des nations 2019. Cette année-là, le capitaine avait conduit les siens jusqu’au titre continental, le premier remporté par l’Algérie depuis 1990. C’est le moment phare de son parcours international, celui qui l’a définitivement installé parmi les plus grands.
Le souvenir le plus marquant reste ce coup franc inscrit dans le temps additionnel contre le Nigeria en demi-finale. Un geste décisif, dans un instant brûlant, avant une finale maîtrisée face au Sénégal. Mahrez n’a pas seulement porté le brassard ce soir-là. Il a porté l’élan d’une sélection entière, jusqu’au sacre.
Ce triomphe a pesé lourd dans son héritage. Il a donné à son aventure internationale une dimension collective que les statistiques, à elles seules, ne suffisent pas à résumer. Un grand joueur laisse des chiffres. Un joueur majeur laisse aussi des soirées qui traversent le temps.
Pour l’Algérie, cette CAN gagnée reste un sommet récent. Pour Mahrez, elle constitue sans doute la meilleure synthèse de ce qu’il a représenté: du talent, du sang-froid, de l’influence et une capacité rare à décider des grands rendez-vous.
Une dernière Coupe du monde réussie malgré la sortie contre la Suisse
Le paradoxe de cette fin de parcours, c’est que Riyad Mahrez sort après sa campagne mondiale la plus productive. Durant ce tournoi, il a été impliqué sur trois buts en quatre matches. Il a marqué à deux reprises contre l’Autriche et délivré une passe décisive face à la Jordanie.
Ce total lui a permis d’établir un nouveau repère pour un joueur algérien sur une même Coupe du monde. Autrement dit, Mahrez ne quitte pas la scène sur une présence symbolique ou un rôle secondaire. Il part encore utile, encore influent, encore capable de peser sur le destin offensif de son équipe.
Son dernier match, en revanche, laisse un goût amer. Face à la Suisse, l’Algérie a vu son parcours s’arrêter sur une défaite 2-0. Mahrez a regretté des erreurs payées au prix fort. Son constat traduit bien la cruauté de ce niveau de compétition, où les marges sont faibles et les fautes rarement pardonnées.
Cette ultime apparition contient aussi une dimension historique. En débutant cette rencontre à élimination directe, Mahrez est devenu l’un des plus vieux joueurs africains à commencer un match de phase finale du Mondial. Une donnée symbolique, qui rappelle à la fois sa longévité et son importance jusqu’au bout.
Quel héritage laisse Riyad Mahrez après sa retraite internationale?
L’héritage de Riyad Mahrez dépasse le cadre des records. Il laisse l’image d’un joueur élégant, décisif et souvent inspiré dans les moments clés. Surtout, il a accompagné l’Algérie sur plusieurs générations sportives, depuis ses premiers pas avant le Mondial 2014 jusqu’à cette sortie en 2026.
Son départ ouvre forcément une période de transition. Quand un capitaine aussi identifié s’en va, il ne s’agit pas seulement de remplacer un ailier ou un créateur. Il faut aussi redistribuer une forme de leadership, repenser les responsabilités et accepter que certaines époques ne se reproduisent pas à l’identique.
Pour les supporters algériens, la fin est douloureuse parce qu’elle suit une élimination. Pourtant, elle n’efface rien de ce que Mahrez a apporté. Il s’en va avec un titre continental, une place de choix dans les livres de statistiques et une empreinte profonde sur l’histoire récente des Fennecs.
Le football international algérien perd ainsi un de ses visages les plus marquants. Et même si d’autres talents prendront la suite, cette retraite internationale referme une séquence rare. Pour mesurer son poids, il suffit de regarder son parcours: douze ans au sommet, 120 sélections, 40 buts et une CAN gravée dans la mémoire collective. Pour suivre l’actualité officielle des compétitions internationales, le site de la FIFA reste la référence.