Neuf équipes africaines franchissent le cap du premier tour éliminatoire au Mondial 2026


L’Afrique entre dans la phase à élimination directe de la Coupe du monde 2026 avec neuf représentants, son contingent le plus important dans l’histoire du tournoi à ce stade de la compétition. Afrique du Sud, Maroc, Côte d’Ivoire, Cap-Vert, Égypte, Sénégal, Ghana, RD Congo et Algérie ont tous survécu à une phase de groupes disputée entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, confirmant que le football africain a pleinement saisi les opportunités offertes par le nouveau format élargi à 48 équipes.

Un format inédit qui amplifie la présence du continent

Le passage de 32 à 48 nations participantes, décidé par la FIFA en 2017, a mécaniquement augmenté le nombre de places disponibles pour chaque confédération. L’Afrique, jusqu’ici limitée à cinq ou six représentants, dispose désormais de neuf équipes en phase finale et a vu plusieurs d’entre elles se qualifier via le classement des meilleurs troisièmes, une règle empruntée au format de la phase de groupes de l’Euro européen. Cette voie de qualification indirecte a profité au Sénégal, à l’Algérie, à la RD Congo et au Ghana, qui ont chacun survécu malgré une troisième place dans leur groupe respectif.

Mais réduire cette présence à un simple effet arithmétique serait une erreur d’analyse. Plusieurs sélections africaines ont terminé deuxièmes de leur groupe après des campagnes solides et construites, portées par une organisation défensive rigoureuse, une efficacité offensive dans les moments décisifs et une capacité à gérer la pression des matchs à enjeu direct. Le Maroc, deuxième du Groupe C derrière le Brésil avec sept points, en est l’illustration la plus convaincante. Les Lions de l’Atlas ont confirmé que leur parcours jusqu’en demi-finales lors du Mondial 2022 au Qatar n’était pas une anomalie.

Des premières historiques qui redessinent la carte du football africain

Au-delà des performances collectives, plusieurs résultats de cette phase de groupes portent une dimension historique qui dépasse le cadre sportif. L’Afrique du Sud dispute les huitièmes de finale d’une Coupe du monde pour la première fois de son histoire. Bafana Bafana, après une défaite initiale contre le Mexique, s’est ressaisi avec un nul face à la Tchéquie puis une victoire contre la Corée du Sud pour finir deuxième du Groupe A. Ce parcours prend une résonance particulière dans un pays où le football reste profondément lié à la mémoire de l’après-apartheid et à l’organisation du Mondial 2010, dont l’Afrique du Sud avait été l’hôte sans atteindre le deuxième tour.

La Côte d’Ivoire franchit elle aussi une frontière symbolique en atteignant pour la toute première fois le stade des matchs à élimination directe, après des victoires contre l’Équateur et Curaçao dans le Groupe E. Plus remarquable encore, le Cap-Vert réalise ses débuts en Coupe du monde en terminant deuxième du Groupe H, invaincu, après trois matchs nuls contre l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite. Pour un archipel de quelques centaines de milliers d’habitants, ce parcours constitue déjà l’un des exploits collectifs les plus inattendus du tournoi.

Un tableau de huitièmes de finale à la fois exigeant et ouvert

La qualité des adversaires auxquels font face les neuf équipes africaines reflète leur niveau de qualification, mais elle mesure aussi l’ampleur des défis à venir. Le Cap-Vert affrontera l’Argentine, tenant du titre, à Miami le 3 juillet. La RD Congo se déplacera à Atlanta pour défier l’Angleterre le 1er juillet. Le Maroc retrouvera les Pays-Bas à Monterrey le 29 juin, dans ce qui s’annonce comme l’un des chocs les plus attendus de ce premier tour éliminatoire.

À l’autre bout du tableau, des rencontres paraissent plus ouvertes. L’Égypte face à l’Australie à Dallas, ou le Ghana contre la Colombie à Kansas City, offrent aux équipes africaines des perspectives réalistes de qualification pour les seizièmes de finale. L’Algérie, qualifiée de justesse après un match nul 3-3 spectaculaire contre l’Autriche à l’ultime journée du Groupe J, rencontrera la Suisse à Vancouver et devra confirmer qu’elle mérite sa place au second tour autrement que par les seuls caprices du goal-average. Pour ceux qui souhaitent miser sur ces rencontres, retrouvez les meilleurs bookmakers pour parier en toute sécurité.

  • 28 juin – Afrique du Sud contre Canada, Los Angeles
  • 29 juin – Maroc contre Pays-Bas, Monterrey
  • 30 juin – Côte d’Ivoire contre Norvège, Dallas
  • 1er juillet – Sénégal contre Belgique, Seattle
  • 1er juillet – RD Congo contre Angleterre, Atlanta
  • 2 juillet – Algérie contre Suisse, Vancouver
  • 3 juillet – Égypte contre Australie, Dallas
  • 3 juillet – Cap-Vert contre Argentine, Miami
  • 3 juillet – Ghana contre Colombie, Kansas City

La présence ne suffit pas : le vrai test commence maintenant

Avoir neuf équipes en huitièmes de finale est un signal fort adressé au football mondial. Mais l’histoire des Coupes du monde enseigne que la représentation statistique et la progression effective sur la scène internationale sont deux réalités distinctes. L’Afrique a souvent été bien représentée en phase de groupes tout en peinant à convertir ses qualifications en parcours prolongés. Le Maroc de 2022 reste à ce jour la seule équipe africaine à avoir atteint le dernier carré d’un Mondial.

Ce Round of 32 offre une occasion concrète de réécrire cette dynamique. Plusieurs de ces équipes disposent d’effectifs construits autour de joueurs évoluant dans les meilleures ligues européennes, d’une expérience internationale croissante et, pour certaines, d’un élan psychologique né de la phase de groupes. La conversion de cet élan en résultats sur le terrain déterminera si le Mondial 2026 marque réellement un tournant pour le football africain, ou simplement une étape supplémentaire dans une longue progression. Pour aller plus loin, consultez notre pronostic Maroc Norvège et préparez vos analyses pour les prochaines rencontres.

auteur

Clémentine Adjoua

Clémentine Adjoua — Rédactrice football & comparatifs bookmakers Clémentine Adjoua a grandi à Yamoussoukro. Après des études en communication à l'INPHB, elle entre dans la presse sportive digitale en 2020 en couvrant le football féminin ivoirien et les compétitions jeunes…

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