Dans trente jours, le Stade Moulay El Hassan de Rabat accueillera le coup d’envoi de la quatorzième édition de la Coupe d’Afrique des Nations féminine de la CAF, avec la rencontre entre le Maroc, pays hôte, et le Kenya le 26 juillet. Pour la première fois de son histoire, le tournoi réunira seize équipes au lieu de douze, une expansion qui traduit une ambition continentale désormais clairement affirmée.
Une compétition élargie, un signal fort pour le continent
Le passage de douze à seize équipes participantes n’est pas qu’un ajustement logistique. C’est un choix stratégique de la Confédération africaine de football qui reconnaît, officiellement et concrètement, que le football féminin sur le continent a atteint une masse critique suffisante pour justifier une représentation plus large. Des sélections comme le Burkina Faso, le Malawi et le Cap-Vert font leur apparition dans un tableau qui, pendant longtemps, était dominé par un groupe restreint de nations établies.
Les seize équipes qualifiées – parmi lesquelles le Nigeria, tenant du titre, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Cameroun ou encore le Sénégal – se répartiront dans quatre groupes. Les rencontres se dérouleront sur cinq sites homologués par la CAF à Rabat et à Casablanca, des infrastructures qui permettront d’accueillir cette compétition dans des conditions dignes des grands rendez-vous du football mondial. Le 26 juillet, l’Algérie et le Sénégal se retrouveront également au Stade olympique pour compléter la première journée du Groupe A.
Qualification mondiale en jeu : les enjeux dépassent le titre continental
La WAFCON 2026 ne détermine pas seulement une championne d’Afrique. Elle constitue la principale porte d’entrée du continent vers la Coupe du Monde féminine de la FIFA 2027, qui se tiendra au Brésil. Les quatre demi-finalistes obtiendront une qualification directe, tandis que les quatre équipes éliminées en quarts de finale conserveront une chance de participer via les barrages intercontinentaux de la FIFA.
Cette double dimension – titre continental et billet mondial – rehausse considérablement les enjeux pour chaque sélection présente. Pour des nations comme la Zambie, le Mali ou la Côte d’Ivoire, atteindre le dernier carré représenterait non seulement une consécration sportive, mais aussi une visibilité internationale sans précédent pour leurs programmes féminins respectifs.
L’investissement de la CAF : des chiffres qui racontent une transformation
La progression du football féminin africain se mesure aussi en termes financiers. La dotation accordée à l’équipe victorieuse est passée de 150 000 dollars à un million de dollars en l’espace de cinq ans, soit une multiplication par plus de six. Ce bond illustre un changement de philosophie au sein de l’instance continentale : le football féminin n’est plus traité comme une compétition annexe, mais comme un produit sportif à part entière, méritant des ressources proportionnelles à son potentiel.
Cette revalorisation financière s’accompagne d’effets concrets sur les clubs et les championnats nationaux. Des dotations plus importantes permettent aux fédérations membres d’investir davantage dans la formation, les infrastructures d’entraînement et la professionnalisation des joueuses, même si les disparités entre pays restent significatives. La WAFCON 2026 sera, à cet égard, un révélateur : elle permettra de mesurer les progrès accomplis et d’identifier les écarts qui subsistent à l’échelle du continent.
Le Maroc, un hôte qui incarne l’élan du moment
Confier l’organisation de cette édition au Maroc n’est pas anodin. Le royaume a considérablement développé son infrastructure sportive et son programme de football féminin au cours de la dernière décennie, et accueille régulièrement des compétitions continentales et internationales de premier plan. Pour les Lionnes de l’Atlas, jouer à domicile devant leur propre public représente une opportunité rare, mais aussi une pression supplémentaire dans un groupe qui comprend, outre le Kenya, l’Algérie et le Sénégal.
À trente jours du coup d’envoi, l’édition 2026 se présente comme la plus compétitive et la plus significative de l’histoire du tournoi. Seize nations, cinq stades, un titre continental, et plusieurs billets pour le Brésil : rarement une WAFCON n’aura eu autant à offrir.