Cinquante-deux ans après leur dernière apparition dans une Coupe du monde, les Léopards de la République démocratique du Congo se trouvent à un seul match d’une qualification en huitièmes de finale. Ce samedi 27 juin 2026, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, en Géorgie, ils affrontent l’Ouzbékistan dans le dernier match du Groupe K, conscients qu’une victoire suffirait à prolonger leur aventure américaine. L’enjeu est considérable, autant sur le plan sportif que symbolique.
Un parcours qui a déjà marqué les esprits
Le retour de la RD Congo sur la scène mondiale était attendu avec curiosité, voire scepticisme. Le pays avait participé à la Coupe du monde pour la dernière fois en 1974, sous le nom de Zaïre, dans une campagne restée dans les mémoires pour de mauvaises raisons. Cinquante-deux ans plus tard, l’équipe nationale a immédiatement affiché un tout autre visage.
Lors de leur entrée en lice contre le Portugal, les Congolais ont concédé l’ouverture du score dès la sixième minute sur un but de João Neves, avant de ne pas baisser les armes. Yoane Wissa a égalisé juste avant la mi-temps, arrachant un point précieux face à l’une des meilleures équipes d’Europe. Ce résultat, 1-1, a immédiatement signalé que les Léopards ne venaient pas simplement participer. Contre la Colombie, la réalité du niveau mondial s’est rappelée à eux : un but de Daniel Muñoz à la 76e minute leur a infligé une défaite 1-0, laissant l’équipe de Sébastien Desabre à la troisième place du groupe avec un seul point.
Un point qui, ce soir, peut se transformer en passeport pour les huitièmes. En Coupe du monde à 48 équipes, huit des meilleures équipes classées troisièmes dans leur groupe sont qualifiées pour le tour suivant. Une victoire porterait les Congolais à quatre points, un total qui devrait suffire pour figurer parmi ces heureux élus. Une qualification en deuxième place reste théoriquement possible, mais elle exigerait une large victoire conjuguée à une défaite du Portugal face à la Colombie – un scénario nettement plus incertain.
Un onze stable dans un moment décisif
Sébastien Desabre, le sélectionneur français à la tête des Léopards, n’a pas cherché à bouleverser un équilibre qui a tenu face à deux adversaires redoutables. L’équipe alignée contre l’Ouzbékistan est identique à celle des deux premiers matchs.
- Gardien : Lionel Mpasi, auteur de deux prestations solides
- Défense centrale : Chancel Mbemba et Axel Tuanzebe
- Couloirs défensifs : Aaron Wan-Bissaka à droite, Arthur Masuaku à gauche
- Milieu : Samuel Moutoussamy et Noah Sadiki en axe, Nathanaël Mbuku et Brian Cipenga sur les côtés
- Attaque : Cédric Bakambu et Yoane Wissa
La présence d’Aaron Wan-Bissaka, ancien de Manchester United, apporte une expérience de haut niveau en Premier League dans le couloir droit. Samuel Moutoussamy, d’origine indienne, s’impose comme le métronome du milieu de terrain, chargé de lancer les transitions offensives. Nathanaël Mbuku et Brian Cipenga font leurs premières titularisations du tournoi, signe que Desabre fait confiance à la profondeur de son effectif pour cette rencontre capitale. En attaque, le duo Bakambu-Wissa reste le plus dangereux : Wissa a déjà démontré son instinct de finisseur contre le Portugal, tandis que Bakambu, fort de son expérience internationale, apporte du liant et de la présence physique.
Ce match, au-delà du résultat
Le football congolais traverse une période de reconstruction patiente. La RD Congo, pays le plus peuplé d’Afrique subsaharienne avec une tradition footballistique ancienne, n’avait pas réussi à se qualifier pour les éditions modernes de la Coupe du monde malgré un vivier de talents dispersés dans les clubs européens. Cette génération, composée en grande partie de joueurs formés ou évoluant dans les championnats français et anglais, représente une nouvelle ère pour les Léopards.
La victoire ce soir ne serait pas qu’une ligne supplémentaire dans un tableau de résultats. Elle constituerait la preuve que le football africain peut s’installer durablement dans les phases finales d’une compétition mondiale élargie, au-delà de la seule présence lors du premier tour. Le format à 48 équipes, inauguré avec ce Mondial 2026, offre précisément aux nations en développement une plus grande marge pour exprimer leur potentiel sur plusieurs rencontres.
Pour les supporteurs congolais à travers le monde, l’affiche de ce soir à Atlanta porte une charge émotionnelle que le seul football ne suffit pas à contenir. Cinquante-deux ans d’attente, c’est une génération entière. Ce que les Léopards ont déjà accompli mérite d’être salué ; ce qu’ils pourraient encore faire dépend d’un seul match, dans quatre-vingt-dix minutes.