Azam FC menace de quitter le championnat après la finale perdue contre Simba
Azam FC a relancé une vive controverse en Tanzanie après sa défaite contre Simba en finale de la CRDB Bank Federation Cup. Battu 1-0 au terme d’un match tendu, le club a laissé éclater sa colère, au point de menacer de se retirer purement et simplement de la Premier League tanzanienne.
La sortie est forte, et elle dit beaucoup du climat autour de cette finale. En face, le Simba de Steve Barker a décroché un doublé en coupe, grâce à un succès étriqué mais précieux contre un rival direct. Côté Azam, en revanche, la frustration a débordé bien après le coup de sifflet final.
Une défaite contre Simba qui passe mal à Azam FC
Le tournant du match est intervenu à l’heure de jeu. À la 61e minute, un centre d’Ellie Mpenza a fini au fond des filets après une déviation malheureuse de Yahya Zayd, offrant à Simba l’unique but de la rencontre. Ce coup du sort a placé Azam dans une position inconfortable, alors que le match était encore très disputé.
Quelques minutes plus tard, les choses se sont encore compliquées pour les finalistes malheureux. Feisal Salum, figure majeure de l’équipe et véritable homme fort d’Azam, a été expulsé à la 68e minute pour un coup de coude sur l’attaquant de Simba Libasse Gueye. Réduite à dix, l’équipe n’a plus trouvé les ressources pour revenir.
Cette séquence a nourri l’amertume du club. Plusieurs décisions arbitrales ont été très mal vécues par le camp d’Azam, déjà privé d’un trophée qu’il espérait utiliser pour mettre fin à une longue période sans titre. Depuis son sacre en Mapinduzi Cup en 2019, le club attend toujours un nouveau moment fort.
Le propriétaire d’Azam FC hausse le ton
La réaction la plus marquante est venue du propriétaire du club, Jama Bakhresa, visiblement exaspéré par le scénario de la finale. Son message est limpide: Azam estime ne pas être traité à sa juste place malgré ses investissements importants dans le football tanzanien.
Le dirigeant a même agité la menace d’un départ du championnat. Dans une déclaration sans détour, il a expliqué que si la Fédération tanzanienne et l’instance en charge de la ligue ne souhaitent pas voir Azam évoluer dans cette compétition, elles n’ont qu’à le dire clairement. Le club, a-t-il ajouté en substance, pourrait alors chercher une autre ligue où participer.
Une telle prise de parole ne ressemble pas à une simple réaction à chaud. Elle traduit une cassure émotionnelle réelle après une finale perdue dans un contexte déjà lourd. Surtout, elle place désormais les autorités du football tanzanien face à une situation délicate, car les mots employés par Azam dépassent largement la déception sportive du moment.
Azam FC entre frustration sportive et scène de malaise
Le malaise ne s’est pas arrêté aux déclarations. Après la rencontre, les joueurs et le staff technique d’Azam sont restés dans le vestiaire pendant la cérémonie de remise des médailles. Malgré plusieurs appels, l’équipe n’est pas venue chercher ses récompenses sur le podium.
Au final, seul le directeur général du club s’est présenté pour récupérer les médailles au nom du groupe. L’image est forte, presque plus encore que les mots. Elle illustre un niveau de tension rare pour un club qui venait déjà de voir s’envoler une occasion concrète de mettre fin à sa disette.
Dans ce contexte, la défaite dépasse le simple cadre d’une finale perdue. Elle touche à la perception de l’équité, à la gestion émotionnelle d’un rendez-vous majeur et à la relation entre un grand club du pays et ses instances. Pour Azam, la soirée a laissé des traces bien au-delà du score.
Une saison contrastée malgré la qualification continentale
Le paradoxe, c’est qu’Azam FC ne sort pas d’une saison ratée sur toute la ligne. Le club a terminé troisième du championnat, ce qui lui garantit une place en Coupe de la Confédération de la CAF pour l’édition 2026-2027. Sur le plan comptable, cette performance confirme la présence du club parmi les places fortes du football tanzanien.
Mais une qualification continentale n’efface pas tout. Cette finale représentait une opportunité directe de ramener un trophée et de récompenser les ambitions affichées. La perdre contre Simba, grand rival du championnat, donne forcément à la déception une résonance plus lourde.
Le contraste est d’ailleurs frappant avec le camp adverse. Simba, dirigé par Steve Barker, a su transformer cette rencontre en nouveau titre et valider un doublé en coupe. Azam, lui, repart avec des regrets, des sanctions, une colère publique et une crise de communication qui pourrait encore s’étendre.
Le football tanzanien sous pression après l’affaire Azam FC
Reste maintenant à savoir si cette menace d’Azam FC sera suivie d’effets ou si elle relève avant tout d’un coup de pression destiné aux dirigeants du football local. Dans l’immédiat, aucun retrait officiel n’a été acté. Pourtant, l’épisode est suffisamment sérieux pour attirer l’attention bien au-delà des frontières tanzaniennes.
La suite dépendra sans doute de la réponse des autorités concernées, mais aussi de la capacité d’Azam à retomber sur une ligne plus institutionnelle. Le club reste un acteur majeur du paysage national, engagé sur la scène continentale et incontournable dans la hiérarchie locale. Un divorce avec la ligue serait donc un séisme sportif.
À court terme, cette affaire rappelle surtout combien une finale peut faire basculer l’humeur d’une saison. Entre le but contre son camp, l’expulsion de Feisal Salum, la cérémonie boudée et la sortie de Jama Bakhresa, Azam a terminé sa campagne sur une note brûlante. Pour le football africain, suivi de près par la CAF, le dossier mérite désormais une attention particulière.