Le football sud-africain a enfanté de grands buteurs. Benni McCarthy, Shaun Bartlett, Pollen Ndlanya ou encore Bernard Parker lui-même ont tous porté haut les couleurs de Bafana Bafana et de leurs clubs respectifs, en Afrique comme en Europe. Mais pour l’actuel entraîneur adjoint de TS Galaxy, la génération actuelle d’attaquants peine à atteindre ce niveau d’excellence. Un constat qu’il a tenu à partager publiquement lors d’une prise de parole à Sandton, en s’appuyant sur son vécu de joueur et ses observations du terrain.
Un diagnostic sans détour : la technique en cause
Pour Parker, le problème des attaquants sud-africains actuels est avant tout technique. Pas physique, pas tactique — technique. « C’est une question de technique », a-t-il déclaré. « C’est une question d’appliquer la bonne technique au bon moment, au bon instant de l’action. »
Un message simple en apparence, mais qui renvoie à une réalité complexe. Savoir quand frapper vite, quand temporiser, comment orienter son corps, comment ajuster sa frappe selon la trajectoire du ballon : autant de détails qui font la différence entre un attaquant qui marque et un attaquant qui rate. Parker l’a lui-même intégré au fil de sa carrière, et c’est ce bagage qu’il s’efforce désormais de transmettre à ses jeunes joueurs à TS Galaxy.
La méthode Parker : les jeunes répondent présent
Loin de se cantonner à la théorie, Bernard Parker décrit une approche pédagogique concrète, dont les premiers résultats semblent encourageants. « À Galaxy, nos jeunes joueurs ont très bien répondu en termes d’écoute des conseils que je leur donne. Ils se débrouillent très bien et convertissent les occasions que nous nous créons », a-t-il souligné.
L’exemple le plus parlant est celui de Puso Dithejane, ailier formé en Afrique du Sud, aujourd’hui aux États-Unis sous les couleurs du Chicago Fire en MLS. Parker se souvient de l’état du joueur avant son départ : « Dithejane, avant qu’il nous quitte, était un joueur très actif. Il était juste actif, très présent dans le dernier tiers, mais pas assez direct dans la conversion des occasions qu’il se créait ou dans la finalisation de ses actions. »
Avec du travail et des conseils ciblés, Dithejane a transformé son jeu, au point d’attirer l’attention d’un club américain. La progression, selon Parker, repose sur deux piliers indissociables : le positionnement et la réactivité. « Le positionnement est très important, parce que quand tu es dans une bonne position, au bon moment, au bon endroit, tu marques des buts. En même temps, il faut appliquer la bonne technique. Si le ballon arrive vite, la réaction doit être lente. Si le ballon arrive lentement, la réaction doit être rapide. »

L’export africain, une fierté et un modèle
Parker élargit ensuite son propos à l’ensemble du football sud-africain, et à la place des attaquants dans l’histoire des exportations de joueurs vers l’Europe. « Il est très important pour nous, les Sud-Africains, de prendre ce rôle d’attaquant très au sérieux. Si vous ne marquez pas, vous ne gagnez pas. Les buts font gagner les matchs. »
Il tient également à rappeler l’héritage des grandes exportations passées. « Nos meilleurs exports ont joué au plus haut niveau. La plupart de nos joueurs exportés sont ceux qui ont marqué des buts dans les grands pays, dans les grandes ligues. » Une référence implicite à Benni McCarthy, meilleur buteur de l’histoire des Bafana Bafana, et à d’autres attaquants qui ont brillé dans les championnats européens.
Aujourd’hui, c’est Iqraam Rayners qui incarne ce potentiel offensif en Afrique du Sud. Le buteur de Mamelodi Sundowns pointe à la deuxième place des meilleurs scoreurs de la Betway Premiership avec 9 buts, derrière Sede Junior Dion de Golden Arrows (10 buts). Bradley Grobbler de Sekhukhune United complète le podium avec 8 réalisations.

L’athlétisme comme socle, la technique comme clé
Parker conclut sur une note positive, en insistant sur les atouts naturels du football sud-africain. « L’aspect offensif, en Afrique du Sud, c’est notre force. En termes d’athlétisme, d’agilité et de vitesse, nous sommes bien dotés. Nous devons simplement nous assurer de travailler sur nos points forts pour gagner davantage de matchs, localement et avec Bafana Bafana. »
Un message d’espoir, mais aussi un appel à l’action. La matière première est là. Il reste à la polir, à l’affûter, pour que la prochaine génération d’attaquants sud-africains puisse à son tour marcher sur les traces de McCarthy, Bartlett ou Ndlanya — et pourquoi pas, s’exporter encore plus loin sur la scène mondiale.
Fiche
- Personnalité : Bernard Parker
- Rôle actuel : Entraîneur adjoint, TS Galaxy
- Carrière joueur : Kaizer Chiefs, Bafana Bafana (entre autres)
- Buteurs PSL 2024-25 (top 3) :
- Sede Junior Dion (Golden Arrows) — 10 buts
- Iqraam Rayners (Mamelodi Sundowns) — 9 buts
- Bradley Grobbler (Sekhukhune United) — 8 buts








