Mohamed Ouahbi lucide après Maroc-France, mais toujours tourné vers l’ambition


Mohamed Ouahbi lucide après Maroc-France, mais toujours tourné vers l’ambition

Mohamed Ouahbi a livré une analyse sans détour après l’élimination du Maroc face à la France en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Battus 2-0 par les Bleus, les Lions de l’Atlas ont quitté la compétition avec une forme de frustration, mais aussi avec la conviction d’avoir encore franchi un cap. Le sélectionneur marocain n’a pas cherché d’excuses: à ses yeux, l’écart s’est surtout vu dans la densité du très haut niveau incarné par l’effectif français.

Le constat est clair. Le Maroc a eu le ballon, a même terminé avec davantage de passes réussies que son adversaire, 524 contre 485. Pourtant, cette maîtrise apparente n’a jamais vraiment suffi à faire vaciller l’équipe de Didier Deschamps. La France, plus directe et surtout bien plus tranchante, a terminé avec 22 tirs, dont huit cadrés, contre seulement cinq tentatives marocaines et un seul tir cadré.

Mohamed Ouahbi souligne l’écart avec les stars de la France

Au moment de revenir sur cette défaite, Mohamed Ouahbi a mis en avant un facteur qu’il juge déterminant: le vécu quotidien des internationaux français. Le technicien marocain estime qu’il est encore difficile de comparer ses joueurs à ceux de l’équipe de France, si l’on regarde les clubs qu’ils fréquentent et l’environnement d’exigence dans lequel ils évoluent toute l’année.

Dans son propos, il cite plusieurs cadres ou talents offensifs français, à l’image de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Michael Olise, Dayot Upamecano, Désiré Doué ou Bradley Barcola. Tous ont en commun de vivre sous une pression constante, entre grands clubs européens et rendez-vous de Ligue des champions à répétition. Pour Ouahbi, cette habitude du sommet finit forcément par peser dans un match à élimination directe.

Le sélectionneur n’a d’ailleurs pas cherché à contourner la réalité. Il a reconnu, avec respect, que le Maroc ne pouvait pas encore se mesurer terme à terme à une sélection aussi riche en références individuelles. Ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est plutôt une manière d’identifier précisément ce qui manque encore pour transformer un très bon parcours en candidature crédible au titre.

Un Maroc entreprenant, mais trop peu dangereux face aux Bleus

Le paradoxe marocain tient justement dans ce quart de finale. Les Lions de l’Atlas ont affiché des séquences de possession intéressantes. Ils ont su faire circuler le ballon et ne se sont pas contentés d’un rôle passif. En revanche, cette domination relative n’a presque jamais débouché sur de vraies situations de but.

En face, la France a fait parler son réalisme. Yassine Bounou a bien entretenu l’espoir en repoussant un penalty de Kylian Mbappé en première période. Mais l’attaquant français a fini par trouver l’ouverture autour de l’heure de jeu. Six minutes plus tard, Ousmane Dembélé a doublé la mise et éteint les ambitions marocaines.

Ce scénario dit beaucoup de la différence entre les deux équipes sur ce match. Le Maroc a eu des phases de contrôle, mais la France a mieux occupé les zones décisives. Là où les Bleus ont transformé leurs temps forts en buts, les Lions de l’Atlas n’ont jamais réussi à installer une pression durable près de la surface adverse.

À ce niveau, l’efficacité reste souvent la frontière entre une performance encourageante et une qualification historique. Sur ce point, la lecture de Ouahbi rejoint celle du terrain: son équipe a rivalisé dans l’intention, pas encore dans l’impact.

Mohamed Ouahbi refuse l’autosatisfaction malgré le beau parcours

Malgré la déception, Mohamed Ouahbi n’a pas voulu refermer la campagne marocaine sur une note strictement négative. Le Maroc s’arrête en quart de finale, ce qui demeure un parcours solide dans une compétition aussi exigeante. Surtout, cette nouvelle performance confirme la place grandissante des Lions de l’Atlas parmi les sélections qui comptent sur le continent africain.

Le discours du sélectionneur s’inscrit dans cette logique. Il rappelle que l’ambition du groupe ne se limitait pas à bien figurer. Le Maroc voulait aller loin, et même viser la victoire finale. C’est précisément cette exigence, selon lui, qui doit servir de moteur pour la suite.

Ouahbi insiste sur un point: il serait dangereux de se satisfaire du simple fait d’avoir encore réalisé un bon tournoi. Une sélection qui se contente de célébrer ce qu’elle a déjà accompli finit souvent par stagner. À l’inverse, le staff marocain veut utiliser cette élimination comme une base de travail, avec des questions à se poser et des marges à aller chercher.

Ce discours tranche avec toute forme d’euphorie. Il traduit une évolution intéressante. Le Maroc ne veut plus seulement être admiré pour sa progression ou son courage. Il veut désormais être jugé à l’aune des plus grandes nations, même si l’écart reste réel face à une équipe de France aussi armée.

Le Maroc regarde déjà plus haut après cette Coupe du monde 2026

Dans les mots de Mohamed Ouahbi, il y a à la fois de la lucidité et une promesse. Lucidité, parce qu’il admet que la profondeur de banc, l’expérience européenne et le vécu des grands rendez-vous font encore pencher la balance du côté français. Promesse, parce qu’il affirme dans le même temps que le football marocain avance dans la bonne direction.

Cette sortie de route contre les Bleus ne remet donc pas en cause la dynamique générale. Elle agit plutôt comme un révélateur. Le Maroc sait désormais ce qu’il fait bien: tenir le ballon, exister dans les grands matches, rivaliser sur le plan collectif. Il sait aussi ce qu’il doit encore renforcer: la capacité à créer davantage de danger et à peser plus lourdement dans les surfaces.

Le message envoyé est cohérent. Il n’y a ni excuse facile, ni autosatisfaction déplacée. Il y a le constat d’un écart, mais aussi la volonté de le réduire. Pour une sélection qui confirme tournoi après tournoi son statut parmi les locomotives africaines, cette posture n’a rien d’anodin.

Le quart de finale perdu contre la France laisse un goût amer, forcément. Mais il laisse aussi une trace plus profonde: celle d’une équipe marocaine qui ne veut plus seulement appartenir au paysage, mais s’inviter durablement à la table des grandes nations. Pour suivre l’actualité officielle de la compétition, le site de la FIFA reste la référence.

Ouahbi, lui, a résumé l’essentiel sans grandiloquence. Le Maroc n’est pas encore au niveau des plus grandes stars françaises. En revanche, son ambition, elle, n’a rien à leur envier.

auteur

Clémentine Adjoua

Clémentine Adjoua — Rédactrice football & comparatifs bookmakers Clémentine Adjoua a grandi à Yamoussoukro. Après des études en communication à l'INPHB, elle entre dans la presse sportive digitale en 2020 en couvrant le football féminin ivoirien et les compétitions jeunes…

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