Deux cartons rouges, zéro but marqué, et un score de 2-0 face au Mexique co-organisateur : l’entrée en matière de l’Afrique du Sud à la Coupe du Monde ne pouvait guère être plus chaotique. Seize ans d’absence de la compétition mondiale se sont conclus, pour l’instant, par une prestation qui a suscité une vague de critiques virulentes dans le pays. Mais l’ailier Thapelo Maseko refuse de laisser la déroute s’installer : pour lui, le tournant s’est déjà produit, à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, et il peut se reproduire.
Un retour sur la scène mondiale entaché dès les premiers instants
La qualification de Bafana Bafana pour une première phase finale de Coupe du Monde depuis 2010 avait été accueillie avec une fierté nationale considérable. Seize ans d’absence de la compétition planétaire chargent chaque apparition d’un poids symbolique fort, notamment pour un pays qui avait accueilli le tournoi en 2010, marquant un moment fondateur pour le football africain. L’enjeu de la vitrine internationale était donc immense.
La réalité du terrain contre le Mexique a contrasté brutalement avec ces espoirs. Réduite à neuf hommes suite à deux expulsions, l’équipe dirigée par le sélectionneur belge Hugo Broos n’a pratiquement rien produit offensivement et s’est inclinée sans résistance convaincante. Tout – des performances individuelles au schéma tactique – a été passé au crible par les médias et les supporters sud-africains, peu enclins à l’indulgence. Et pour cause : au même moment, d’autres représentants africains – le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert et l’Égypte – affichaient des résultats solides au premier tour, rendant la copie de Bafana Bafana encore plus difficile à défendre.
Le précédent de l’AFCON 2023 : tomber pour mieux se relever
C’est là qu’intervient la mémoire collective de cette équipe. Lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, l’Afrique du Sud avait entamé la compétition de la pire des façons, s’inclinant 2-0 face au Mali. Le scénario, presque identique à celui vécu contre le Mexique, semblait alors annoncer une sortie précoce. Il n’en fut rien. Match après match, l’équipe avait rehaussé son niveau, progressant jusqu’aux demi-finales où elle ne s’est inclinée face au Nigeria qu’aux tirs au but. Elle était revenue au pays avec la médaille de bronze.
Maseko s’appuie explicitement sur ce précédent. “Nous sommes allés à l’AFCON en 2023 et nous avons perdu le premier match. Mais nous avons su nous relever et nous sommes rentrés à la maison avec la médaille de bronze”, a-t-il déclaré en conférence de presse. Il a également répondu aux critiques avec une franchise directe : “Quelque chose que j’ai remarqué, c’est que les Sud-Africains sont heureux quand tu gagnes, mais quand tu perds, tu es le pire. C’est un fait.” Ce type de discours, qui reconnaît la pression culturelle sans s’y soumettre, traduit une maturité de groupe que les résultats devront maintenant confirmer.
La République tchèque : un défi physique qui exige une réponse collective
Le deuxième match du Groupe A se jouera à Atlanta face à la République tchèque, une équipe réputée pour sa solidité physique et son efficacité dans le jeu aérien – profil radicalement différent du Mexique. Maseko en est conscient et formule des attentes précises sur ce que son équipe doit corriger. “L’intensité, c’est quelque chose que nous devons améliorer. Nous devons courir plus fort. C’est quelque chose dont nous avons parlé en équipe”, a-t-il indiqué.
L’enjeu est clair : une défaite contre les Tchèques compromettrait sérieusement toute ambition de qualification, avant un ultime match de groupe contre la Corée du Sud à Monterrey le 24 juin. Dans un groupe A où chaque point compte, l’Afrique du Sud n’a pas le luxe d’une nouvelle contre-performance. La discipline – deux expulsions en un seul match – devra également être remise au centre des priorités tactiques d’Hugo Broos. Sur ce point, le passif contre le Mexique ne souffre aucune équivoque. Pour ceux qui souhaitent miser sur les prochains matchs, consultez notre pronostic Maroc Norvège pour découvrir nos analyses détaillées.
Ce que ce tournoi représente pour le football sud-africain
Au-delà du résultat sportif immédiat, la participation de l’Afrique du Sud à cette Coupe du Monde revêt une dimension qui dépasse le cadre du terrain. Le pays avait organisé le tournoi en 2010 – première édition sur le continent africain – et son absence prolongée de la scène mondiale avait laissé une frustration durable. Revenir aujourd’hui, dans un contexte où le football africain monte collectivement en puissance, impose une obligation de représentation. Maseko lui-même le formule sans ambages : “C’est un grand tournoi avec de grandes équipes, mais nous devons aller sur le terrain et montrer nos talents.” Pour parier sur la Coupe du Monde et profiter des meilleures cotes, découvrez notre sélection de bookmakers fiables et adaptés au marché africain.
Cette Coupe du Monde, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, constitue aussi l’édition la plus étendue de l’histoire de la compétition avec 48 nations participantes. Pour les équipes africaines, l’élargissement du format représente une opportunité accrue de progresser loin dans la compétition. L’Afrique du Sud a encore toutes les cartes en main pour transformer un début raté en campagne mémorable – à condition que l’esprit de 2023 ne reste pas qu’un souvenir.
Pour suivre l’évolution du parcours de Bafana Bafana, retrouvez aussi notre article : Bafana Bafana défie la République tchèque à Atlanta, dos au mur après leur défaite inaugurale.