La question avait planté une ombre persistante sur la préparation du Mondial 2026 : l’Iran pourrait-il réellement fouler les pelouses américaines dans un contexte de tensions géopolitiques extrêmes ? À Vancouver, lors du 76e Congrès de la FIFA, Gianni Infantino a tranché avec une netteté inhabituelle. « L’Iran participera à la Coupe du monde FIFA 2026, et jouera bien aux États-Unis d’Amérique », a-t-il déclaré en ouverture de son discours aux 211 membres de l’instance mondiale. Un message adressé simultanément aux délégations présentes, aux gouvernements concernés, et aux observateurs qui suivaient de près ce dossier à haut risque.
Un contexte géopolitique sans précédent dans l’histoire du football mondial
L’incertitude autour de la participation iranienne n’était pas née d’une simple question administrative. Elle plonge ses racines dans la reconfiguration brutale du Proche et Moyen-Orient depuis les frappes américaines et israéliennes de février, qui ont ravivé des antagonismes directs entre Washington et Téhéran. Organiser une compétition sportive mondiale sur le territoire de l’un des adversaires déclarés d’une nation participante représente un défi que la FIFA n’avait jamais eu à gérer à pareille échelle dans son histoire moderne.
Des responsables iraniens avaient envisagé de délocaliser leurs matchs de groupe vers le Mexique, co-organisateur du tournoi. Infantino avait déjà écarté cette option. Plus surprenant encore : une information circulait la semaine précédant le Congrès selon laquelle Paolo Zampolli, émissaire spécial italo-américain, aurait évoqué l’idée de substituer l’Italie à l’Iran dans le tableau final – une suggestion rapidement démentie par le gouvernement américain lui-même. Le secrétaire d’État Marco Rubio a finalement déclaré que les joueurs iraniens seraient les bienvenus sur le sol américain, et Donald Trump, interrogé dans le Bureau Ovale, a balayé toute ambiguïté avec une formule laconique : « Si Gianni l’a dit, c’est bon pour moi. »
Ces déclarations croisées illustrent à quel point le football de haut niveau est devenu un terrain où la diplomatie informelle opère en parallèle des canaux officiels, avec une efficacité parfois supérieure.
L’incident canadien révèle la fragilité de la logistique diplomatique
La délégation iranienne, pourtant convoquée à Vancouver au même titre que les 210 autres membres du Congrès, était la seule à manquer à l’appel lors de l’ouverture de la réunion. Les responsables de la fédération iranienne de football (FFIRI) avaient atterri à Toronto avant d’être bloqués par les autorités frontalières canadiennes, puis de reprendre l’avion vers Téhéran. Selon les médias iraniens, le président de la FFIRI, Mehdi Taj – ancien membre des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) -, et deux de ses collaborateurs ont quitté le pays après avoir été « insultés » par des agents de l’immigration.
Ottawa avait désigné le CGRI comme organisation terroriste en 2024, rendant ses membres « inadmissibles » sur le territoire canadien. L’incident n’est pas anodin : il met en lumière les contradictions structurelles d’un Mondial organisé à trois, où chaque pays co-hôte conserve une souveraineté pleine sur son espace frontalier et ses propres listes d’exclusion. Pour les matchs disputés aux États-Unis – l’Iran est attendu à Los Angeles le 15 juin pour affronter la Nouvelle-Zélande en ouverture du groupe G, avant de croiser la Belgique et l’Égypte -, la question des visas et des autorisations d’entrée demeure techniquement ouverte, même si les signaux politiques envoyés par Washington semblent désormais favorables. Pour ceux qui souhaitent anticiper ce choc, retrouvez notre pronostic Iran Nouvelle-Zélande sur African Football.
Infantino renforce son emprise sur la gouvernance mondiale du football
Au-delà du dossier iranien, le Congrès de Vancouver a confirmé une tendance de fond : le renforcement de la position personnelle de Gianni Infantino au sommet de l’institution. La Confédération africaine (CAF) et la Confédération asiatique (AFC), qui représentent ensemble 101 voix sur 211 dans le collège électoral de la FIFA, ont toutes deux signifié leur soutien à une éventuelle quatrième candidature du dirigeant en 2027. La CONMEBOL, qui fédère le football sud-américain, lui avait déjà apporté dix voix supplémentaires. Arithmétiquement, la reconduction d’Infantino s’annonce confortable si aucun contre-projet fédérateur n’émerge d’ici là.
Cette assise politique contraste avec les critiques qui s’accumulent en dehors des salles de congrès. Des associations de supporters ont dénoncé une tarification des billets jugée prohibitive pour le grand public, qualifiant la politique commerciale de la FIFA de « trahison monumentale ». Infantino a répondu en rappelant que les revenus du tournoi – estimés entre 11 et 13 milliards de dollars – seraient intégralement réinjectés dans le développement du football à l’échelle mondiale. L’argument est rodé, mais il ne suffit plus à satisfaire des supporters qui peinent à obtenir des places à des tarifs accessibles pour un événement organisé dans leur propre pays.
Par ailleurs, l’ONG Fairsquare avait déposé en décembre une plainte formelle contre Infantino, lui reprochant d’avoir enfreint les règles de neutralité politique de la FIFA en remettant à Donald Trump un « FIFA Peace Prize » lors du tirage au sort du Mondial 2026. Cette procédure n’a jusqu’ici pas entravé la trajectoire politique du dirigeant, mais elle s’inscrit dans une contestation plus large de la gouvernance de l’instance, dont la réforme reste l’un des grands chantiers inachevés du football mondial. Pour parier en toute sécurité sur la Coupe du monde, consultez la liste complète de nos bookmakers recommandés.
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