Lee Trundle regrette la disparition des artistes du football, et cite Cherki et Eze
Le football des dribbleurs se fait plus rare, et Lee Trundle le dit sans détour. Ancien attaquant de Swansea et Wrexham, longtemps célébré pour son goût du spectacle, il voit dans la Premier League actuelle quelques résistants, mais plus une génération entière de créateurs libres. À ses yeux, Rayan Cherki et Eberechi Eze incarnent encore cette touche d’imprévisibilité qui rappelle une autre époque.
Trundle n’a jamais caché son admiration pour les joueurs qui osent. Dans son regard, le football a glissé vers un modèle plus prudent, plus collectif, presque plus aseptisé. Les artistes existent toujours, mais ils sont moins nombreux, et surtout moins encouragés à prendre les risques qui faisaient lever les tribunes.
Le football des dribbleurs, une espèce en voie de disparition
La nostalgie de Lee Trundle ne relève pas seulement du souvenir personnel. Elle dit aussi quelque chose de l’évolution du jeu. Pendant des années, les grands championnats ont été portés par des joueurs capables d’inventer, de déséquilibrer et de faire basculer un match sur un geste.
De George Best à Neymar, en passant par Paul Gascoigne ou Ronaldinho, le football a longtemps célébré ces profils fantasques. Aujourd’hui, l’exigence physique, l’organisation tactique et la maîtrise de la possession ont réduit leur marge de manœuvre. Les numéros 10 séduisants sont plus difficiles à trouver, et encore plus à conserver dans leur rôle naturel.
Cherki et Eze, les noms qui font encore lever les fans
Interrogé sur les joueurs de Premier League qu’il aime voir évoluer, Trundle a d’abord retenu Eberechi Eze. Le milieu offensif d’Arsenal plaît à l’ancien buteur pour sa volonté d’attaquer son adversaire, de toucher le ballon et de provoquer. Dans un championnat souvent dominé par les courses répétées et les schémas très codés, ce type de profil garde une saveur particulière.
Il a aussi cité Jeremy Doku, à Manchester City, avant de placer Rayan Cherki au premier plan de ses coups de cœur. Le Français, arrivé chez les Cityzens, est décrit par Trundle comme un joueur à part, presque un retour à une forme de football plus instinctive. Pour lui, Cherki aime tenter des gestes, chercher le décalage et divertir autant qu’il cherche à gagner.
Pourquoi le jeu laisse moins de place à l’improvisation
Au cœur de son raisonnement, Trundle pointe la place grandissante des données. Les joueurs sont désormais suivis après chaque rencontre, décortiqués dans le moindre détail, et ce contrôle permanent peut pousser certains à jouer plus simple. Quand chaque passe, chaque duel et chaque prise d’initiative sont analysés, la prise de risque devient plus coûteuse mentalement.
Le gallois regrette aussi une logique de possession devenue dominante. Garder le ballon, pour ne pas s’exposer. Patienter, pour éviter l’erreur. Dans cette approche, les frappes rapides, les centres précipités et les duels assumés occupent une place plus limitée. Or c’est précisément là que Trundle voit naître la magie.
Un phénomène qui dépasse la Premier League
Pour l’ancien attaquant, le constat dépasse largement l’Angleterre. Il ne s’agit pas seulement d’un problème britannique, mais d’un mouvement global. Les clubs cherchent l’équilibre, densifient les zones de jeu et créent des supériorités numériques, là où autrefois on demandait surtout à un joueur de faire la différence seul.
Cette évolution modifie aussi la formation. Les entraîneurs préfèrent souvent des profils disciplinés, capables de respecter un cadre précis, plutôt que des individualités qui vivent de l’improvisation. Résultat: les joueurs capables de renverser une action dans un contre un deviennent moins fréquents, alors qu’ils faisaient partie du décor il y a encore quelques années.
Trundle, un amoureux du jeu tourné vers l’audace
Lee Trundle parle avec la sensibilité de ceux qui ont toujours aimé le football pour ce qu’il a d’imprévisible. Il dit admirer les gestes, les dribbles, les provocations techniques, bref tout ce qui raconte une personnalité. Son propre rapport au jeu explique ce regard: il appartient à une école où l’expression individuelle comptait autant que l’efficacité.
Son trio, Eze, Doku et Cherki, trace en creux une petite carte du plaisir encore possible en Premier League. Pas un retour en arrière, mais une résistance. Et c’est peut-être cela que Trundle célèbre: l’idée qu’à l’heure des structures et des chiffres, quelques joueurs continuent de jouer comme s’ils voulaient encore surprendre le stade entier.
Les talents de demain, entre promesses et attentes
Le sujet dépasse enfin les seuls noms cités par Trundle. La question des jeunes créateurs reste ouverte, notamment dans les grands clubs où l’on attend beaucoup des profils offensifs capables de casser les lignes. L’avenir dira si la prochaine génération saura concilier efficacité collective et liberté individuelle.
En filigrane, Lee Trundle rappelle une chose simple: le football ne se résume pas aux systèmes ni aux données. Il vit aussi de ces instants où un joueur ose. Et quand un dribble surprend, qu’un appui dérange ou qu’une feinte fait basculer un défenseur, le spectacle, lui, ne disparaît jamais tout à fait. Pour suivre les grandes tendances du jeu au niveau mondial, FIFA reste une référence incontournable.


