WAFCON 2025 au Maroc: les stars de la NWSL au cœur d’un tournoi aux grands enjeux


WAFCON 2025 au Maroc: les stars de la NWSL au cœur d’un tournoi aux grands enjeux

Le CAF Women’s Africa Cup of Nations, ou WAFCON, s’annonce comme bien plus qu’une simple bataille pour le titre continental. Au Maroc, cet été, la compétition réunira 16 équipes et servira aussi de route vers la Coupe du monde féminine 2027. Pour les joueuses de NWSL, l’événement a tout d’un rendez-vous majeur.

Dix joueuses évoluant dans le championnat américain seront en lice. Parmi elles, Barbra Banda, Racheal Kundananji et Temwa Chawinga attirent naturellement la lumière. Entre la quête d’un sacre africain, des places mondiales en jeu et une vitrine précieuse pour les talents du continent, le tournoi promet un niveau d’intensité élevé.

Temwa Chawinga emmène un Malawi en quête d’une première

Le Malawi vivra sa première WAFCON avec un duo qui raconte à lui seul la progression du football féminin dans le pays. Temwa Chawinga, attaquante du Kansas City Current, portera l’un des principaux espoirs offensifs. À ses côtés, sa sœur aînée Tabitha, capitaine de la sélection, évolue en France à OL Lyonnes depuis 2024.

Temwa Chawinga a changé de dimension en NWSL. Sa vitesse, sa justesse technique et son efficacité ont fait d’elle l’une des attaquantes les plus redoutées du championnat. En 2024, elle a signé 20 buts, battant le record de Sam Kerr sur une saison. Elle est aussi devenue la première joueuse de l’histoire de la ligue à marquer contre les 13 adversaires au calendrier.

La Malawite a ensuite confirmé en 2025 avec un nouveau doublé Golden Boot – MVP, fort de 15 buts en 23 matches. Son exercice 2026 a commencé plus tard, puisqu’elle a manqué les quatre premières rencontres du Current. Depuis son retour, elle a déjà inscrit un premier triplé historique pour le club et totalise neuf buts en 12 apparitions.

Le Malawi aborde donc ce premier grand rendez-vous continental avec deux figures fortes et une ambition claire: se rapprocher d’une qualification pour une Coupe du monde féminine, une première absolue pour la nation.

Barbra Banda, Kundananji et Chiufya donnent à la Zambie une vraie puissance offensive

La Zambie avance, elle, avec des arguments encore plus visibles. Le groupe affiche une densité rare, portée par trois joueuses de NWSL: Barbra Banda à Orlando Pride, Racheal Kundananji à Bay FC et Prisca Chliufya à Angel City FC. Dans une poule relevée, ce trio donne à la sélection zambienne un poids offensif considérable.

Banda est actuellement la meilleure buteuse du championnat américain, avec 12 réalisations. Elle domine aussi les statistiques de tirs cadrés, avec 28 frappes. Son influence dépasse le simple volume de buts: elle impose une menace constante, capable de faire basculer un match à elle seule.

Kundananji reste elle aussi une joueuse majeure du dispositif. Arrivée à Bay FC il y a deux ans contre une somme record, elle a rapidement confirmé son statut. Son activité entre les lignes et son sens du but ont accompagné la progression de la Zambie sur la scène africaine.

Prisca Chliufya complète cette colonne vertébrale offensive. Moins prolifique que ses deux partenaires, elle n’en reste pas moins une joueuse qui a su se faire une place en NWSL, après un passage à Orlando Pride et un transfert interne vers Angel City. Pour la Zambie, l’enjeu est clair: transformer ce potentiel en résultat dans un groupe difficile avec le Nigeria, l’Égypte et le Malawi.

La NWSL bien représentée dans une WAFCON plus ouverte

Au total, la NWSL comptera dix représentantes dans cette édition. Le Nigeria et la Zambie fournissent chacun trois joueuses, ce qui dit assez bien l’influence grandissante du championnat américain sur le football féminin africain. Le Cameroun sera représenté par Monique Ngock, la Côte d’Ivoire par Rosemonde Kouassi, le Malawi par Temwa Chawinga et le Mali par Aïssata Traoré.

La liste confirme aussi un autre phénomène: la WAFCON sert de rampe de lancement, ou de confirmation, pour les talents du continent. Certaines joueuses y gagnent en visibilité avant un départ vers la NWSL ou vers les grands clubs européens. D’autres, déjà installées dans des ligues majeures, y reviennent pour porter une ambition collective plus large.

Cette édition au Maroc arrive dans un format élargi à 16 équipes, ce qui ouvre davantage le tableau mais ne réduit en rien la tension. Au contraire, la multiplication des prétendants donne une compétition plus dense et plus lisible pour le grand public. Les dynamiques individuelles, elles, devraient se voir très vite sur le terrain.

Le Nigeria veut conserver son trône face à une concurrence plus proche

Champion en titre, le Nigeria reste le favori logique. Les Super Falcons ont remporté la compétition à dix reprises et ont encore montré leur capacité à répondre dans les grands rendez-vous, notamment lors de la finale 2024 remportée face au Maroc, pays hôte. L’effectif reste l’un des plus complets du continent.

Le groupe nigérian s’appuie sur des joueuses d’expérience comme la capitaine Rasheedat Ajibade, aujourd’hui au PSG, Toni Payne à Everton, Osinachi Ohale à Pachuca et Asisat Oshoala, passée par Bay FC avant de rejoindre Al Hilal en Arabie saoudite. Autour d’elles, des profils plus offensifs comme Esther Okoronkwo et Jennifer Echegini apportent fraîcheur et variété.

Le Nigeria aligne aussi trois joueuses passées par la NWSL ou toujours liées au championnat: Deborah Abiodun et Gift Monday au Washington Spirit, ainsi que Michelle Alozie au Chicago Stars. Cette profondeur donne aux Super Falcons une vraie marge, même si la concurrence s’est nettement resserrée ces dernières années.

Face à elles, l’Afrique du Sud, le Maroc et la Zambie avancent avec de solides arguments. Le rapport de force n’est plus aussi figé qu’avant. C’est précisément ce qui rend cette WAFCON plus attirante que les précédentes.

Quatre billets directs pour le Mondial 2027, et une prime en hausse

Au-delà du prestige, le tournoi pèse lourd dans la course à la Coupe du monde féminine 2027. Les quatre demi-finalistes obtiendront leur ticket direct pour le Mondial. Deux autres équipes décrocheront une place en barrage intercontinental. Pour les sélections, l’équation est simple: atteindre le dernier carré change tout.

La dotation financière progresse aussi nettement. Le futur champion touchera 2 millions de dollars, soit le double du précédent montant. Le finaliste recevra 750 000 dollars, et l’enveloppe globale passe de 3,75 à 5,8 millions. L’écart reste cependant immense avec le tournoi masculin, où le vainqueur de la CAN perçoit 10 millions de dollars.

Dans ce contexte, chaque match comptera double. Le Nigeria veut prolonger sa domination, le Malawi veut exister dès sa première apparition, et la Zambie entend confirmer son statut de puissance émergente. Pour les fans de NWSL, la WAFCON offre donc une rare combinaison: du talent, des enjeux majeurs et une vraie lecture internationale du football féminin africain.

Marco Bamba
auteur

Marco Bamba

Marco Bamba — Analyste paris sportifs Originaire de Dakar, Marco Bamba a commencé à s'intéresser aux paris sportifs en 2017, alors qu'il travaillait comme rédacteur web pour un portail d'actualités sportives sénégalais. Ce qui était au départ une curiosité personnelle…

    vous aimerez aussi