Hugo Broos tire sa révérence. Le sélectionneur belge de 74 ans a mis fin à sa mission à la tête de l’équipe nationale sud-africaine au lendemain de la Coupe du monde 2026, selon un responsable de la Fédération sud-africaine de football (SAFA) interrogé par l’AFP vendredi. Son bilan est sans équivoque : sous sa conduite, l’Afrique du Sud a atteint les huitièmes de finale d’un Mondial pour la toute première fois de son histoire, couronnant cinq années de reconstruction patiente d’une sélection longtemps à la dérive.
Un départ négocié, une page qui se tourne
La rupture n’est pas un congédiement. Broos a confirmé son départ dans les colonnes du magazine belge Humo, précisant que le président de la SAFA, Danny Jordaan, souhaite le garder dans l’organigramme fédéral « sous une autre forme, comme conseiller ou quelque chose de similaire ». De son côté, un responsable de la fédération a formulé les choses sans ambiguïté : « Hugo peut continuer à travailler avec l’équipe nationale, mais dans un rôle différent. » Une transition douce, en somme, pour un homme qui aura marqué durablement le football sud-africain.
Sur le terrain, le parcours de Bafana Bafana au Mondial 2026 mérite d’être salué dans son contexte. L’équipe a terminé deuxième du Groupe C derrière le Mexique, s’appuyant notamment sur une victoire 1-0 contre la Corée du Sud. En huitièmes de finale, la campagne s’est achevée sur une défaite 1-0 face au Canada – une élimination certes, mais un résultat qui n’efface en rien l’accomplissement historique d’avoir franchi pour la première fois le premier tour d’une phase finale mondiale. Pour les amateurs de paris sportifs, retrouvez notre pronostic Mexique Corée du Sud pour approfondir l’analyse du groupe.
Cinq ans pour rebâtir une identité
Lorsque Broos prend les rênes de la sélection en 2021, il hérite d’un groupe sans direction claire et peu habitué à la régularité des résultats. Son travail a consisté à imposer une discipline tactique, à responsabiliser une génération de joueurs évoluant pour la plupart dans le championnat local, et à construire une identité collective. La troisième place obtenue à la Coupe d’Afrique des Nations 2024 avait déjà signalé que quelque chose de solide était en train de se bâtir. Le Mondial 2026 en a confirmé la réalité.
Ce parcours rappelle une vérité souvent sous-estimée dans le football africain : la continuité d’un staff technique est un facteur décisif. Les sélections du continent changent fréquemment d’entraîneur au gré des résultats immédiats, au détriment de projets à long terme. Broos, avec cinq ans à la tête de l’équipe, représente une exception qui a finalement produit des dividendes visibles. Pour parier sur le football africain en toute sécurité, consultez la liste de nos meilleurs bookmakers agréés.
Pitso Mosimane, favori pour une succession chargée de symboles
La SAFA a déjà reçu plusieurs candidatures pour le poste, et le nom de Pitso Mosimane s’impose comme celui qui concentre le plus d’attention. L’entraîneur sud-africain connaît bien la sélection pour l’avoir dirigée entre 2010 et 2012, dans la période qui a suivi l’organisation du Mondial à domicile, sans parvenir à y laisser une empreinte significative. Depuis, sa trajectoire a pris une tout autre dimension.
À la tête de Mamelodi Sundowns de 2012 à 2020, il a transformé le club gautengois en puissance continentale, avant de rejoindre Al Ahly, l’institution du football égyptien, où il a remporté la Ligue des champions de la CAF à trois reprises. Cette stature continentale, acquise au sommet du football africain de clubs, fait de lui un candidat d’une envergure différente de celle qu’il affichait lors de son premier passage en sélection.
Reste une question centrale : saura-t-il capitaliser sur les fondations posées par Broos, plutôt que de repartir de zéro ? L’histoire des sélections nationales enseigne que les successions mal gérées dilapident en quelques mois ce que des années de travail ont construit. La SAFA en est consciente – et le choix qu’elle fera dans les semaines à venir dira beaucoup sur sa capacité à inscrire ce renouveau dans la durée. Pour aller plus loin sur le sujet, lisez aussi : Hugo Broos quitte l’Afrique du Sud après cinq ans et une qualification historique.

